« Ce ne sont pas des mains d’altesse pourtant une délicatesse…  » Paul Verlaine « Les Mains »

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9 réflexions sur “« Ce ne sont pas des mains d’altesse pourtant une délicatesse…  » Paul Verlaine « Les Mains »

    • Voici tout ce qu’elles peuvent, éventuellement exprimer :
      « Ce ne sont pas des mains d’altesse,
      De beau prélat quelque peu saint,
      Pourtant une délicatesse
      Y laisse son galbe succinct.

      Ce ne sont pas des mains d’artiste,
      De poète proprement dit,
      Mais quelque chose comme triste
      En fait comme un groupe en petit ;

      Car les mains ont leur caractère,
      C’est tout un monde en mouvement
      Où le pouce et l’auriculaire
      Donnent les pôles de l’aimant.

      Les météores de la tête
      Comme les tempêtes du coeur,
      Tout s’y répète et s’y reflète
      Par un don logique et vainqueur.

      Ce ne sont pas non plus les palmes
      D’un rural ou d’un faubourien ;
      Encor leurs grandes lignes calmes
      Disent :  » Travail qui ne doit rien.  »

      Elles sont maigres, longues, grises,
      Phalange large, ongle carré.
      Tels en ont aux vitraux d’églises
      Les saints sous le rinceau doré,

      Ou tels quelques vieux militaires
      Déshabitués des combats
      Se rappellent leurs longues guerres
      Qu’ils narrent entre haut et bas.

      Ce soir elles ont, ces mains sèches,
      Sous leurs rares poils hérissés,
      Des airs spécialement rêches,
      Comme en proie à d’âpres pensers.

      Le noir souci qui les agace,
      Leur quasi-songe aigre les font
      Faire une sinistre grimace
      A leur façon, mains qu’elles sont.

      J’ai peur à les voir sur la table
      Préméditer là, sous mes yeux,
      Quelque chose de redoutable,
      D’inflexible et de furieux.

      La main droite est bien à ma droite,
      L’autre à ma gauche, je suis seul.
      Les linges dans la chambre étroite
      Prennent des aspects de linceul,

      Dehors le vent hurle sans trêve,
      Le soir descend insidieux…
      Ah ! si ce sont des mains de rêve,
      Tant mieux, – ou tant pis, – ou tant mieux ! »

  1. Je ressemble à un arbre de bois
    Comme un enfant qui tue une hirondelle
    Ou un chapeau qui mange un réchaud à pétrole
    C’est avant-hier qu’ils se sont insultés
    Voyant une brouette qui décorait un sénateur
    Une main parle au reste du monde
    II n’entend pas
    Occupé à chercher où il ira
    Comme une eau dort au tranchant de l’été
    Eau pareille
    À la porte du moulin où s’endort l’écureuil
    Une main nue
    Comme une abeille bleue dans un paysage tout à fait
    chauve
    Une main nue parle au reste du monde

    Jean Mayoux, Au crible de la nuit 1948.

    Merci pour les photographies!

    • J’ai un merle bleu (oui, oui ça existe et même qu’il s’appelle « monticole bleu »),
      un lance-pierre mais qui ne me sert, contre le vent (imaginez !) qu’à lancer hameçon
      et plomb au-delà de la 3ème vague (150 m), des écureuils bavards aux bajoues goinfrées.
      quant à la « main nue », j’en avais une que j’ai retirée du diaporama, elle quémandait ; abeille, aussi,
      ivre de tournesol. Il manque la main nue, sans doute ai-je omis l’essentiel.
      Merveilleux texte que celui de Jean Mayoux. Merci Jean-Marie.
      PS : nous sommes des arbres de bois, très certainement.

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